Conservation

Développement éolien et conservation de la Grive de Bicknell

Le potentiel éolien au Québec est considérable. Depuis 2003, le gouvernement s’est lancé dans un vaste chantier de développement de cette filière énergétique qui est actuellement la source de production d’énergie qui a le taux de croissance le plus rapide. En novembre 2011, onze parcs étaient en service pour un total de 919 MW et plusieurs autres sont en construction. Au total, vingt-neuf parcs sont projetés en terres publiques. La plupart des sites retenus pour l’aménagement des parcs coïncident avec l’aire de répartition québécoise de la Grive de Bicknell, c’est-à-dire la Gaspésie, le Bas-Saint-Laurent, l’Estrie et la région de la Capitale-Nationale. Dans ces régions, les gisements éoliens sont souvent situés en région montagneuse et les promoteurs ciblent généralement les sommets et crêtes pour l’implantation des éoliennes; des secteurs propices pour la reproduction de cet oiseau.

Ces constatations mettent en lumière le besoin d’intégrer, tôt dans le processus de planification des projets de parcs éoliens, les connaissances sur la répartition de la Grive de Bicknell afin de favoriser un développement énergétique durable qui ne contribuera pas au déclin d’une espèce menacée pour laquelle le Québec a une responsabilité particulière en matière de conservation puisqu’il abriterait entre 30% et 50% de la population mondiale de l'espèce.

L’aménagement d’un parc éolien a un impact direct sur l’habitat puisqu’il nécessite le déboisement des aires de levage (1 ha par éolienne), des routes (emprise de plus de 25 m de largeur selon l’inclinaison et le niveau de courbure) et des sites d’implantation des autres infrastructures. Durant la phase de construction et d’entretien du parc, les déplacements, les travaux de voirie, d’aménagement des aires de montage (incluant le dynamitage) et d’assemblage des éoliennes constituent des sources de dérangement particulièrement importantes si elles sont réalisées durant des périodes critiques pour les oiseaux (p. ex. période de nidification). Une étude récente monter d’ailleurs que le dérangement durant la période de construction pourrait engendrer des baisses de populations durables chez certaines espèces. Finalement, le dérangement associé à la présence des éoliennes elles-mêmes constitue un impact potentiel significatif durant la période d’opération du parc. En effet, le bruit, le mouvement et les vibrations engendrées par les éoliennes peuvent provoquer, de façon durable, une réduction importante des populations d’oiseaux aux abords de ces structures. Ce phénomène est considéré un plus grand problème que celui des collisions en Europe, et il a été démontré sur plusieurs espèces d’oiseaux appartenant à des taxons très différents (rapaces, passereaux, sauvagine, oiseaux de rivage).

Au cours des dernières années, le Regroupement QuébecOiseaux a participé activement au processus d’évaluation des impacts environnementaux de deux grands projets de parcs éoliens et a déposé des mémoires auprès du Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE). Vous pouvez télécharger ces documents ici :

Parc éolien du Massif-du-Sud

Parc éolien de Rivière-du-Moulin

QuébecOiseaux a également rédigé un guide intitulé « Comprendre et atténuer les impacts du développement éolien sur la Grive de Bicknell au Québec ». Nous vous invitons à contacter la responsable du projet, Marie-France Julien pour avoir accès à ce guide.

Pour plus d'information, communiquez avec Marie-France Julien, biologiste - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Ce projet a été réalisé avec l’appui financier d’Environnement Canada.

 logo-EC-6k