Filtrer les éléments par date : mars 2014

Le 16 avril dernier, Jean-Claude Charbonneau a fait la découverte exceptionnelle d'un splendide mâle Paruline de Townsend à Pointe-Calumet aux abords du Lac des Deux-Montagnes. Ce visiteur des Rocheuses est resté jusqu'au 21 avril laissant la chance à des centaines d'observateurs de pouvoir l'observer. Il s'agissait de la première mention photographiée au Québec et surtout du premier individu faisant un séjour prolongé au même endroit et offrant l'opportunité unique d'être admiré et coché par les amateurs d'oiseaux avides d'oiseaux rares. Précédemment, deux mentions fiables et bien décrites avaient été signalées au Québec soit une femelle le 17 mai 2008 au Cap Tourmente découverte par Peter Lane et un mâle l'année d'après, à la même date, cette fois observée par Jean Bernier et Gaétan Lord.

L'observation de cette espèce au Québec était en train de devenir mythique en particulier si on considère le nombre important de mentions dans les provinces et états avoisinants. Il existe pas moins de 9 mentions en Ontario dont 4 mentions différentes dans le parc provincial de Rondeau seulement. L'espèce a également été rapportée dans tous les états et provinces frontaliers et dans pratiquement tous les états côtiers de l'Est des États-Unis. Cependant, à l'est du Mississipi, l'endroit où l'espèce a été rapportée avec la plus étonnante régularité est Terre-Neuve. La province compte pas moins de 16 mentions, toutes situées entre le 21 octobre et le 5 janvier dont 13 à St. John's et 11 sur la même rue ! Bruce MacTavish, un ornithologue réputé de Terre-Neuve a même eu la visite de cette deux fois dans sa cour.

Maintenant que la malédiction de cette espèce envers la belle province est brisée, peut-être aurons-nous la chance de la revoir dans les prochaines années dans d'autres régions.

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Comme plusieurs d’entre vous le savent, l’Atlas des oiseaux nicheurs du Québec a entamé sa dernière saison de collecte de données. Bien que l’hiver semble vouloir s’attarder, les Strigidés (hiboux et chouettes) sont déjà en pleine période de reproduction. Voilà donc notre dernière chance de repérer ces rapaces nocturnes pour les inscrire à l’Atlas!

Comment faire? Afin d’augmenter vos chances de succès, privilégiez les soirées calmes, sans vent ni précipitations. Une technique rapide et relativement efficace consiste à faire plusieurs arrêts le long de routes peu fréquentées pour effectuer des points d’écoute de 5 à 10 minutes. Assurez-vous toutefois de respecter quelques règles de sécurité de base. En gardant en tête que les automobilistes ne s’attendent pas à croiser une voiture immobilisée sur le bord de la route en plein milieu de la nuit, stationnez-vous dans des endroits sécuritaires et assurez-vous d’être bien visibles (lampes de poche, vêtements réfléchissants, etc.).

Pour la suite, il n’existe malheureusement pas de technique de recensement infaillible qu’on puisse appliquer à toutes les régions du Québec. Les hiboux et les chouettes étant des oiseaux cryptiques et discrets, il est essentiel de considérer la probabilité de détection. Il va de soit que nous puissions valider qu’une espèce est présente lorsque celle-ci est détectée. Toutefois, il est pratiquement impossible de confirmer qu’une espèce n’occupe pas une parcelle d’habitat suite à une absence de détection!

Plusieurs éléments peuvent affecter nos chances de détecter un hibou ou une chouette à un site donné, que ce soit en modifiant le comportement de chant des Strigidés et/ou la capacité de l’observateur à les détecter. Par exemple, la détection peut être affectée par les conditions climatiques et météorologiques, le type d’habitat, la région, le moment de l’année, l’heure, la stratégie et l’effort d’échantillonnage, l’espèce, ou même la chance. D’autres paramètres comme le statut social ou reproducteur de l’individu, le sexe, l’âge, ou la densité de population peuvent également avoir un impact sur la détectabilité. Finalement, la durée des points d’écoute et le nombre de visites à chaque site ont également un impact sur la probabilité de détection des Strigidés. Il serait préférable d’accroître la fréquence des visites à chaque site plutôt que d’augmenter la durée des points d’écoute étant donné qu’ils possèdent de très grands domaines vitaux.

Afin d’augmenter leurs taux de détections, certaines personnes utilisent la repasse de chant qui consiste à diffuser des chants préenregistrés de Strigidés afin d’inciter les espèces qui seraient présentes à répondre. L’efficacité de cette technique a été démontrée, mais il faut cependant faire preuve de discernement lorsque nous l’utilisons. Cessez d’émettre des chants dès qu’un oiseau est détecté, et n’utilisez pas cette technique trop souvent au même endroit.

Voici quelques éléments à prendre en considération si vous utilisez la repasse. D’abord, la diffusion du chant d’une espèce augmentera vos chances de détecter celle-ci. Cependant, il faut aussi être conscient que la diffusion du même chant pourrait également avoir un impact positif ou négatif sur la détection des autres espèces. Ainsi, lorsque vous appelez plusieurs espèces lors d’un seul point d’écoute, l’ordre dans lequel vous diffusez les différents chants a une importance. Il existe une croyance populaire voulant que le chant des espèces de grande taille doive être diffusé à la toute fin du point d’écoute afin d’éviter d’effrayer les espèces de petite taille. Cependant, cette croyance ne semble pas fondée! En effet, certaines espèces de petite taille se manifestent quand même lorsqu’on les appelle après la diffusion du chant d’un prédateur de grande taille. Il est également possible qu’une espèce de grande taille se taise après la diffusion du chant d’une espèce de petite taille, peut-être dans le but de se rapprocher d’un possible repas? Que faut-il retenir de tout cela? Le type de chant utilisé lors de la repasse a un impact sur la probabilité de détection, et ce, peu importe la taille des espèces ou leur position dans la chaîne trophique.

En principe, il serait préférable d’effectuer plusieurs visites à un même site (en variant l’heure des visites) et de n’appeler qu’une seule espèce par visite. Mais bien que ce scénario soit idéal, peu de gens auront l’occasion de procéder de cette façon. Si vous ne prévoyez faire qu’une seule visite par site, deux choix s’offrent à vous :

  1. Examinez l’habitat dans lequel vous vous trouvez et commencez votre repasse avec les espèces ayant le plus de chances d’être présentes dans ce type d’habitat (désavantage : erreur d’interprétation probable, et limite les découvertes inattendues);
  2. Adopter une méthode neutre et aléatoire qui consiste simplement à alterner l’ordre des espèces dans la repasse d’un site à l’autre (désavantage : possibilité de débuter la repasse avec une espèce qui n’habite pas l’habitat dans lequel vous vous trouvez).

Bref, aucune méthode n’est parfaite. À vous de décider celle qui vous conviendra le mieux. Cela dit, lorsque vous partirez à la recherche de rapaces nocturnes, soyez prudents, respectez les oiseaux et les propriétés privées, mais surtout, mettez-vous en plein les oreilles!

 

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