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Nous avions mentionné en septembre dernier que nous vous tiendrions informés de la progression du dossier de l'Éco-campus Hubert-Reeves et de la création du Parc-nature des Sources. En plus d'une rencontre cet automne avec les représentants de la Caisse de dépôt et placement du Québec, où nous avons pu faire part de nos préoccupations relativement à la mise en place du réseau de train électrique, nous avons aussi multiplié nos discussions avec les gestionnaires de l'éco-campus, de la Ville de Montréal ainsi que ceux du Groupe Hémisphères.

Notre plus récente rencontre remonte au 9 décembre dernier. Lors de cette réunion, les représentants du Technoparc ont réitéré leur objectif de céder la moitié du terrain de l'éco-campus à la Ville de Montréal dès le printemps prochain et d'aider celle-ci au niveau des aménagements du futur Parc-nature des Sources. Conjointement avec Samuel Denault, biologiste-ornithologue du groupe Hémisphères, mon rôle en tant que directeur général de QuébecOiseaux, a été de donner un avis professionnel sur les aménagements proposés afin d'assurer que la qualité générale des habitats du Technoparc demeure intacte, et soit même bonifiée.

Lors de cette rencontre, nous avons identifié quatre grands objectifs :

  1. S'assurer que les aménagements prévus conservent les attributs permettant la nidification des espèces déjà répertoriées (p. ex. râles, marouettes, Héron vert, parulines, oiseaux de proie, etc.) et qu'aucune de ces espèces ne disparaisse du site. Contrairement à l'information et les photos avant/après qui ont circulé, aucun des milieux humides n'a été touché par les travaux effectués cet automne. D'ailleurs, le fait de montrer des photos avant/après prises à des endroits différents ne représente pas un portait conforme à la réalité ;
  2. S'assurer que la Bernache du Canada ne prenne pas le contrôle des milieux humides du Technoparc, ce qui aurait pour effet potentiel de chasser les autres espèces moins agressives (p. ex. sarcelles) ;
  3. Freiner l'envahissement déjà bien entamé du site par le Roseau commun (phragmite). Il s'agit en fait de la pire menace pour les milieux humides du secteur, bien plus que les aménagements proposés par le Technoparc. Malheureusement, les groupes environnementaux qui prônent la conservation intégrale du secteur ne réalisent pas que la conservation « sous cloche de verre » sans aucune intervention est probablement la pire chose qui pourrait arriver au site ;
  4. S'assurer que les ornithologues demeureront les bienvenus pour continuer à fréquenter ce milieu. On parle ici d'aménagement de plate-forme d'observation, d'installation de structures de nidification notamment pour les insectivores aériens, d'installation de panneaux d'interprétation, etc.

Si les gestionnaires de l'éco-campus et de la Ville de Montréal réussissent à atteindre ces objectifs, les ornithologues bénéficieront d'un nouveau parc-nature tout à fait exceptionnel. D'autant plus que les milieux naturels ne sont généralement pas les bienvenus à proximité des aéroports (lire https://www.tc.gc.ca/fra/aviationcivile/publications/tp13029-aeroports-115.htm).

Voilà, nous vous tiendrons à nouveau au courant des futurs développements.

D'ici là, je vous souhaite un joyeux temps des Fêtes !

Publié dans Blogue