Mars 2017

De l'espoir pour les insectivores?

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La commissaire à l'environnement et au développement durable, qui relève du vérificateur général du Canada, aborde de front la sécurité des pesticides dans l'un de ses derniers rapports remis aux parlementaires. Elle en arrive à la conclusion que l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire « n’avait pas toujours agi en temps opportun au regard de l’obligation qui lui est faite de prévenir les risques inacceptables pour la santé des Canadiens et l’environnement que pose l’utilisation des pesticides ».

Entre autres constats révélés dans ce rapport :

  • l’Agence a autorisé l’utilisation de certains néonicotinoïdes pendant plus d’une décennie sans avoir confirmé si les risques étaient acceptables;
  • les progrès réalisés par l’Agence à l’égard de la réévaluation des anciens pesticides sont insuffisants;
  • l’Agence n’a pas révoqué en temps opportun l’homologation de certains pesticides qui présentaient des risques jugés inacceptables.

L'agence responsable de la réglementation des pesticides a accepté toutes les recommandations émises par la commissaire à l'environnement, et s'est engagée à compléter la réévaluation des anciens produits homologués d'ici 2020.

Il faut certes se réjouir de la réévaluation de l'ensemble des produits homologués par l'agence fédérale, et au premier chef les néonicotinoïdes qui semblent affecter autant les oiseaux que les abeilles. Mais hélas, il faut aussi déplorer que l'objectif du gouvernement du Québec de réduire l'utilisation des pesticides est un échec : les producteurs agricoles en épandent plus que jamais, sans que la superficie des terres affectées ait vraiment augmenté.

Le déclin des populations d'oiseaux champêtres et des insectivores aériens tient beaucoup à la présence de pesticides dans l'environnement, forcément. Mais la perte d'habitats – tant dans les aires de nidification que d'hivernage – a aussi un impact déterminant sur la chute des populations de ces espèces, sans compter l'effet présumé des changements climatiques. Les problèmes s'avèrent complexes, et les moyens pour les résoudre ne sont pas nécessairement dans les priorités de nos gouvernements.

Cela dit, les lecteurs se consoleront sans doute un peu en prenant connaissance, dans cette édition printanière, de projets de QuébecOiseaux visant à favoriser la nidification de deux espèces d'insectivores aériens.

Bonne lecture!

Michel Préville

Michel est le rédacteur en chef du magazine QuébecOiseaux.