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Bourses du Fonds Atlas

Sauvegarde du dortoir historique de Martinets ramoneurs en Haute-Mauricie

Comme la plupart des insectivores aérien, le Martinet ramoneur a connu un déclin important (~90%) depuis 1970 et l’espèces est aujourd’hui désignée menacée au Canada. La perte d’habitat de nidification et de sites repos est une des principales menaces auxquelles l’espèce fait face. Historiquement, cet oiseau devait utiliser les gros arbres creux pour nicher et se reposer, mais ces structures se sont raréfiées, principalement en raison de la perte de vieilles forêts. De nos jours, les martinets utilisent essentiellement les cheminées et autres structures anthropiques similaires comme lieux de nidification et dortoirs. Cependant, la démolition et la modification des cheminées entrainent également une raréfaction de ces sites et l’utilisation de nichoirs et dortoirs en milieu naturel demeure très peu documentée.

La cheminée de la chaufferie du Sanatorium historique du Lac Édouard héberge un dortoir de Martinet ramoneur depuis de nombreuses années. Le nombre maximum de martinets qui y a été dénombrés en une soirée est de 181 oiseaux. Ce dortoir a la particularité d'être localisé à la limite nord de son aire de nidification dans une région majoritairement forestière. La présence de plusieurs massifs de vieilles forêts susceptibles d'abriter des vieux arbres aux troncs creux (arbres à haute valeur écologique) favorables à la nidification du martinet font du site un lieu idéal pour recherche de nids et dortoirs en milieu naturel. Des travaux de recherche entrepris à cet endroit par le Zoo de Granby, avec différents partenaires (Environnement et Changement Climatique Canada (SCF, S&T), l’Observatoire d’Oiseaux de Tadoussac, Sanatorium historique du Lac Édouard) ont permis de localiser deux arbres abritant chacun un nid de Martinet ramoneur à l’été 2019. Il s’agit seulement des 5e et 6e mentions d’arbres de nidification de l’espèce en milieu naturel en 55 ans au Québec. De plus, la capture d'une cinquantaine de martinets au SAN depuis 2018 a permis l'installation d’émetteurs VHF de type nanotags sur ces oiseaux. Sur la trentaine d'émetteurs posés à la fin de l'été, il a été possible de préciser la route migratoire d'une vingtaine d'individus dans l’est de l’Amérique du Nord à l’aide du réseau d’antennes MOTUS. Tous ces travaux ont été possibles grâce à la présence de la cheminée-dortoir. Cette cheminée d'une hauteur d'environ 30 m a été construite il y a y a près d’un siècle. Elle nécessite donc des travaux de réparation récurrents pour en assurer la stabilité, la maintenir accessible aux martinets et permettre la poursuite des travaux d’acquisition de connaissances sur l’écologie de la nidification et de la migration du martinet ramoneur. La perte de ce dortoir d'importance pourrait avoir des conséquences significatives sur l'occupation du territoire par le martinet.

L'objectif du présent projet est donc d'effectuer des travaux d'entretien de cet habitat faunique, afin de prolonger sa durée de vie et de permettre la poursuite des travaux de recherche en toute sécurité pour les participants. Cette cheminée devrait vraisemblablement être désignée habitat essentiel au sens de la Loi sur les espèces en péril du Canada.

Montant reçu des Bourses du Fonds Atlas: 3 500 $

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