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Le maintien d’habitat de nidification pour la Paruline à ailes dorées

La création ou le maintien d’habitat pour la nidification de la Paruline à ailes dorées est un autre défi de taille. Cette paruline niche dans un habitat arbustif ouvert comme les coupes forestières en régénération, les pâturages abandonnés et les champs en friche. Or, le maintien de ce type d’habitat n’est souvent que de courte durée (quelques années) et n’offre malheureusement pas beaucoup davantage économique tel qu’on le conçoit pour l’instant. Pour ajouter au défi, ces habitats transitoires doivent, pour satisfaire l’oiseau, se retrouver dans un paysage fortement forestier. Au Québec, le déclin de cette espèce menacée est notamment relié à la perte de ces conditions d’habitat.

Devant tant de complexité, la question peut alors se poser : « Est-il vraiment nécessaire de mettre autant d’effort pour une petite paruline?». Selon moi, la vraie question serait plutôt : « Pourquoi pose-t-on de plus en plus cette question? ». Effectivement, on l’entend ou la lit toutes les semaines : « Est-il vraiment nécessaire de mettre autant d’effort pour le Martinet ramoneur…pour le Caribou forestier…pour le Goglu des prés…pour le Bruant sauterelle…pour la Grive de Bicknell…pour le Béluga…», et la liste est plutôt longue. À mes yeux, ces animaux sont le signe d’alarme, le canari dans la mine de charbon. À mon humble avis, on pose de plus en plus cette question non pas parce que la science cherche davantage à trouver les problèmes, mais parce qu’elle les trouve plus facilement. Le déclin des populations de Paruline à ailes dorées et de bien d’autres espèces est le signe d’un déséquilibre. C’est un signal de la perte des conditions favorables au maintien de sa population. L’idée derrière la conservation d’habitat pour la Paruline à ailes dorées est donc de maintenir ces conditions qui profitent également à tous les organismes qui en bénéficient d’une manière ou d’une autre. Reste seulement à s’apercevoir que ces conditions profitent également à l’humain. En ce qui me concerne, la réponse est donc : oui, ça vaut la peine de mettre autant d’effort. Encore faut-il judicieusement choisir son type d’effort.

Depuis 2008, le Regroupement QuébecOiseaux a fourni un effort louable pour localiser et suivre les populations de Paruline à ailes dorées au Québec. Le temps est maintenant venu d’agir de façon plus ciblée pour la conservation. C’est dans cette optique que QuébecOiseaux a passé l’été à contacter et rencontrer des propriétaires de terres en Montérégie Ouest. L’objectif est de trouver ensemble des solutions, des pratiques, des façons produire et d’exploiter la terre pour maintenir dans le temps ce type d’habitat arbustif. Si la conservation intégrale peut être propice dans certaines circonstances, dans le cas de la Paruline à ailes dorées, il s’agit plutôt d’identifier des façons de faire qui permettront de maintenir ce genre d’habitat à travers le temps. Malheureusement, les solutions simples n’existeront pas. Toutefois, l’ouverture des gens rencontrés représente un pas dans la bonne direction. Nous avons ainsi rencontré et visité plus d’une vingtaine de propriétaires  intéressés par le sujet et où il sera directement propice d’agir pour maintenir des habitats favorables à la Paruline à ailes dorées. Une autre partie de l’été a également été consacré à valider sur le terrain des parcelles d’habitat que nous avons cartographiées l’hiver passé et qui localisent les endroits propices à agir. Pour appuyer ce défi, un comité de suivi a également été créé. Ce comité regroupe des représentants de divers organismes locaux et régionaux1 et vise à fournir une expertise afin d’identifier les solutions les plus convenables.

 


1 Service canadien de la faune, Conférence régionale des élus de la Vallée-du-Haut-Saint-Laurent, Forêt Santé enr., Agence forestière de la Montérégie, Société de Conservation et d’Aménagement du Bassin de la Rivière Châteauguay, Club agroenvironnemental du Bassin LaGuerre, Ministère du Développement durable, Environnement et Lutte contre les changements climatiques, Ministère de l’Agriculture, Pêcheries et Alimentation, MRC du Haut-Saint-Laurent et Hydro-Québec (TransÉnergie).