Blogue

De l’importance de maintenir l’habitat de nidification de la Paruline à ailes dorées

La création et le maintien d’habitat pour la nidification de la Paruline à ailes dorées est un défi de taille. Cette paruline menacée niche dans un milieu arbustif ouvert, comme les coupes forestières en régénération, les pâturages abandonnés et les champs en friche. Hélas!, le maintien de ce type d’habitat n’est souvent que de courte durée (à peine quelques années) et n’offre malheureusement pas beaucoup d’avantages économiques, au sens où on l’entend habituellement. Pour ajouter au défi, cet habitat transitoire doit se trouver dans un environnement fortement forestier.

Devant tant de complexité, d’aucuns peuvent se demander si cela vaut vraiment la peine de mettre autant d’efforts pour protéger une petite paruline? Cette question, on l’entend malheureusement de plus en plus, tant pour la Paruline à ailes dorées que pour le Martinet ramoneur, le Caribou forestier, le béluga et combien d’autres espèces menacées. Or, ces animaux constituent en quelque sorte un signal d’alarme, comme le canari dans la mine de charbon. Le déclin des populations de Paruline à ailes dorées et de bien d’autres espèces est le signe d’un déséquilibre et illustre l’érosion des conditions permettant d’en assurer la pérennité . L’idée derrière la conservation de l’habitat de la Paruline à ailes dorées est donc de maintenir ces conditions, ce qui aura également un impact positif pour plusieurs autres espèces.

Depuis 2008, le Regroupement QuébecOiseaux a consacré beaucoup de temps et d’énergie pour localiser et suivre les populations de Paruline à ailes dorées au Québec. Le temps est maintenant venu d’agir de façon plus ciblée pour la conservation de l’habitat. C’est dans cette optique que des biologistes du Regroupement ont contacté une vingtaine de propriétaires de terres situées dans l’ouest de la Montérégie. L’objectif est de voir ensemble comment il pourrait être possible d’exploiter la terre tout en maintenant le type d’habitat arbustif adéquat. Certes, il n’y a pas de solutions simples, mais l’ouverture des propriétaires rencontrés est déjà de bon augure.

Une autre partie de l’été a été consacrée à valider sur le terrain des parcelles d’habitat cartographiées l’hiver dernier, dans le but d’identifier des sites pouvant convenir à la nidification de la Paruline à ailes dorées. Parallèlement, un comité de suivi a été mis sur pied ; ce comité regroupe des représentants de plusieurs organisations : le Service canadien de la faune, la Conférence régionale des élus Vallée-du-Haut-Saint-Laurent, Forêt Santé enr., l’Agence forestière de la Montérégie, la Société de conservation et d’aménagement du bassin de la rivière Châteauguay, le Club agroenvironnemental du bassin La Guerre, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, la MRC du Haut-Saint-Laurent et Hydro-Québec (TransÉnergie).