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Protéger le Martinet ramoneur

Crédit: Michael Veltri

Le Martinet ramoneur (Chaetura pelagica) est un petit oiseau noirâtre ressemblant à une hirondelle. Il se distingue de cette dernière par sa courte queue et ses ailes arquées tel un boomerang. Le martinet passe la majeure partie de son temps en vol, pourchassant les insectes dont il se nourrit. Son vol saccadé est caractéristique, et il émet un cliquetis permettant de le différencier des autres oiseaux. Contrairement à ses comparses volatiles, il ne se perche jamais sur une branche ou un fil puisque ses petites pattes courtes lui permettent uniquement de s’agripper à des surfaces verticales rugueuses.

Selon le Relevé des oiseaux nicheurs, entre 1970 et 2017, la population canadienne du Martinet ramoneur a chuté de 88 %. Au Québec, il ne resterait guère plus que quelques milliers de couples nicheurs. L’espèce est maintenant désignée menacée, et elle est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril au Canada.

Des oiseaux dans la cheminée

Avant l’arrivée des Européens, le Martinet ramoneur utilisait la cavité centrale des gros arbres morts ou moribonds comme sites de nidification et de repos. Or, ces sites naturels se sont raréfiés avec le déboisement et la disparition des forêts matures. Progressivement, les martinets ont adopté les cheminées de maçonnerie des résidences, des écoles, des églises, ou des commerces, d’où son nom de « ramoneur ». Aujourd’hui, la grande majorité des sites de nidification et des dortoirs connus se trouvent dans les cheminées de vieux bâtiments. La survie de l’espèce dépend donc des cheminées des zones urbaines et rurales.

Cependant, les nouvelles technologies et le passage du chauffage à l’électricité et à la combustion haute performance ont modifié les façons de construire les cheminées au détriment des besoins du Martinet ramoneur. Par ailleurs, la plupart des cheminées utilisées par l’espèce ont été construites avant 1960. Aujourd’hui, ces cheminées sont souvent détériorées et sont alors détruites, rénovées ou modifiées d’une manière qui les rend inutilisables par le martinet (p. ex. pose de grillage, de chapeau ou de gaine métallique interne). Ainsi, au Québec, le nombre de sites disponibles pour l’espèce ne cesse de diminuer. Selon le Suivi des populations d’oiseaux en péril (SOS-POP, 2020), 25% de tous les sites connus et utilisés par le martinet ont été détruits ou fermés au cours des dernières années.

Les cheminées peuvent être utilisées par le martinet comme site de nidification (nichoir), ou comme site de repos (dortoirs).

Cheminées nichoirs

Pendant la saison de nidification, chaque couple utilise une cheminée distincte pour y construire son nid. Habituellement fidèle à son site de reproduction, le couple monogame revient s’installer dans la même cheminée, année après année. Le nid est composé de petites brindilles liées que le martinet colle à la paroi de la cheminée avec sa salive. Il est très petit (10 cm X 6 cm) et forme une demi-soucoupe de la grosseur d’un quart de pamplemousse.

La nidification du martinet dans une cheminée passe souvent inaperçue en raison de la discrétion de l’espèce. Toutefois, certains propriétaires attentifs perçoivent parfois le petit bruit des oisillons qui quémandent de la nourriture.

Il est important de préciser que la nidification du Martinet ramoneur dans une cheminée ne présente aucun risque d’incendie ou de dommage à la structure, ni aucun danger pour la santé humaine. En effet, le nid du martinet n’occupe qu’une proportion minime de l’ouverture du conduit de fumée de la cheminée. Par exemple, dans une cheminée ayant les dimensions minimales requises pour que le martinet s’y installe, le nid n’occupera que 15 % de l’ouverture disponible. Cependant, dans la plupart des cas, cette proportion sera probablement inférieure à 5 %. De plus, le nid se décolle souvent de la paroi de la cheminée dans les mois qui suivent la fin de la nidification.

Notons également que le martinet est absent du Québec pendant la saison hivernale. L’utilisation de la cheminée entre le 1er septembre et le 1er mai est donc possible, sans risque d’asphyxie pour le martinet.

Cheminées dortoirs

Les cheminées dortoir sont occupées lors des migrations, et dans une moindre mesure durant la période de nidification. Le martinet n’y construit pas de nid. Ces cheminées lui servent plutôt d’abris où quelques dizaines à quelques centaines d’individus se rassemblent pour la nuit, ou lors d’intempéries. Les cheminées dortoir sont généralement de plus grande taille que les cheminées servant pour la nidification.

Pour plus d'information sur le Martinet ramoneur

 


Ce projet a été rendu possible grâce à une contribution du gouvernement du Canada.